Un accord final sur la COP16 est attendu aujourd'hui à Rome
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Après deux semaines de longues négociations menées en octobre dernier à Cali, ce jeudi le Sommet sur la biodiversité (COP16) pourrait enfin voir un accord final à Rome (Italie) où se déroule la dernière journée de clôture des pourparlers diplomatiques, au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Voici comment se déroule la deuxième journée de négociations de la #COP16Colombie à Rome : 153 délégations officielles du monde entier travaillent pour parvenir à des accords clés sur : - Le financement. - L'avenir du mécanisme financier. - Le cadre de suivi de la mise en œuvre du Cadre mondial… pic.twitter.com/nuXQmNRzs3
— MinAmbiente Colombia (@MinAmbienteCo) 26 février 2025
La réunion, qui a débuté le 25 février, vise à finaliser les détails de ce qui a été convenu en Colombie, où les discussions ont été prolongées et aucun accord définitif n'a été trouvé. Jusqu’à présent, les discussions ont été tendues et lentes, comme d’habitude, mais des progrès ont été réalisés sur des points clés autour du financement, qui est l’objet principal de la réunion.
Par exemple, le premier jour a vu le lancement du Fonds Cali, un mécanisme convenu en Colombie qui cherchera à attirer les contributions des entreprises qui vendent des données numériques sur les ressources génétiques de la nature, afin d'obtenir un financement plus large pour la conservation de la biodiversité mondiale.
L'accord conclu pour le fonctionnement du Fonds Cali établit que les entreprises doivent allouer 1% de leurs bénéfices ou 0,1% de leurs revenus au fonds de financement. Cette contribution pourrait atteindre des milliards de dollars à l’échelle mondiale, couvrant tous les secteurs concernés. Le fonds sera géré par les Nations Unies et consacrera l’argent collecté à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité.
Les fonds recueillis serviront à renforcer la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique et du Cadre de Montréal de Kunming, favorisant ainsi la protection de la biodiversité dans le monde entier. On estime qu’au moins 50 % des ressources seront allouées aux peuples autochtones et aux communautés locales, qui jouent un rôle fondamental dans la conservation de la biodiversité.
« Le Fonds Cali est en fait le fonds du peuple, car au moins 50 % du financement soutiendra les peuples autochtones et les communautés locales. Ce fonds récompense les communautés qui œuvrent depuis longtemps à la conservation de la biodiversité au nom de nous tous. « Il est temps de rendre quelque chose à ces personnes qui prennent soin de la planète », a déclaré Onno van den Heuvel, directeur des finances pour la nature au PNUD.
Maintenant, dans la dernière ligne droite, on constate des réticences de la part de pays dont les politiques environnementales ont changé d'orientation, comme c'est le cas de l'Argentine, qui a demandé hier, lors de la séance plénière, que les références aux Objectifs de développement durable soient supprimées du texte financier. Cependant, la demande a été rejetée par la ministre de l'Environnement et présidente de la COP16, Susana Muhamad, qui a souligné qu'il y avait des questions déjà convenues à Cali et qu'il était important que les États se concentrent sur une « meilleure utilisation de notre temps ».
Malgré les débats intenses, aucun consensus final sur les ressources n'a encore été atteint et il sera décidé aujourd'hui où et qui mettra l'argent pour faire face à la perte complexe de la biodiversité mondiale, même si le scénario ne semble pas positif et jusqu'à présent la plus grande réussite a été le Fonds de Cali, qui, bien qu'il génère un soutien important, n'est toujours pas en mesure de combler le déficit de 700 milliards de dollars par an pour la conservation et la restauration de la nature, estimé par le Cadre mondial pour la diversité biologique.
Le Cadre a exhorté les gouvernements à consacrer 500 milliards de dollars par an aux subventions néfastes aux combustibles fossiles à la conservation de la nature. Les 200 milliards d’euros restants par an devront être mobilisés auprès de toutes les sources (publiques, privées, nationales et internationales), où le secteur privé et les capitaux privés devront jouer un rôle central.
Depuis le début de cette deuxième phase de la COP16, le ministre Muhamad a insisté sur l’importance du multilatéralisme et de la responsabilité partagée pour assurer la mise en œuvre des engagements pris à Cali. « Sommes-nous capables de créer les capacités que cette Convention et le Cadre économique de Montréal exigent ? Sommes-nous capables de transcender des structures institutionnelles qui sont vieilles et dépassées et qui posent un défi parce qu’elles sont dépassées par les défis actuels du 21e siècle ? « Sommes-nous capables d’éveiller notre capacité créatrice et la possibilité d’imaginer qu’ensemble nous pouvons faire quelque chose de plus ? », a demandé Muhamad. Ce jeudi nous connaîtrons la réponse à cette question.
Journaliste Environnement et Santé
eltiempo