Affaire Longoria : face à la commission de discipline ce mercredi, le président de l’OM risque gros
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Pablo Longoria va être fixé sur son sort dans quelques heures. La commission de discipline de la LFP se réunit en effet ce mercredi en fin d’après-midi. Comme toutes les semaines, cette instance indépendante va statuer sur un certain nombre de dossiers mettant en cause le comportement de joueurs, entraîneurs, dirigeants ou supporters jugés répréhensibles sur les pelouses de Ligue 1.
En général, les cas sensibles peuvent attendre quinze jours avant d’être soumis à l’étude. Pas celui du président de l’Olympique de Marseille. Au vu de la gravité des faits, on saura dans la soirée quelle sanction a été retenue à son encontre.
Pour rappel, Longoria a répété à plusieurs reprises samedi soir être la victime de « corruption » au terme de la défaite de son club à Auxerre-Marseille (3-0). Des accusations doublées d’une menace de quitter la Ligue 1, un « championnat de merde ». Tous ces propos ont été répétés à maintes reprises devant le staff des deux équipes et les caméras du diffuseur DAZN.
Le dirigeant espagnol sera auditionné par visioconférence et devrait connaître sa sanction dans la foulée. Elle devrait être lourde compte tenu de la teneur de ses propos et de l’émotion qu’ils ont suscitée. Les 111 arbitres de L1 et de L2 s’apprêtent notamment à déposer une plainte collective pour diffamation.
« Il n’y a pas de barème pour de tels propos », a confié mardi à l’AFP un membre de la commission de discipline. Mais si l’on se fie au barème de la FFF, la sanction peut aller de trois matchs, quatre matchs, douze matchs, voire six mois de suspension. Selon qu’il s’agisse d’un comportement « excessif ou déplacé », « blessant », « comportement grossier ou injurieux » ou, dans le pire des cas, « intimidant ou menaçant ».
L’un des enjeux sera de savoir à quel point les excuses du dirigeant entreront dans l’équation. Lundi matin, Longoria a dit regretter ce dérapage dans un entretien à l’AFP. « Je tiens à dire qu’il n’y a pas de corruption dans le foot français », a-t-il admis, affirmant que son coup de sang « n’était pas approprié » mais s’expliquait par « beaucoup de décisions arbitrales sur lesquelles (il) considère que l’OM a été défavorisé ».
La fin de saison de l’OM pourrait donc s’écrire avec un président et un directeur du football suspendus, puisque Medhi Benatia purge une sanction de trois mois après un incident qui impliquait déjà Jérémy Stinat.
Marseille pourrait également devoir se passer de Fabrizio Ravanelli, son conseiller sportif, également convoqué par la commission de discipline pour avoir qualifié l’arbitrage de Jérémy Stinat de « scandaleux ».
À noter que s’il était suspendu mercredi soir, le président marseillais, vice-président de la LFP, ne pourrait assister jeudi à un Conseil d’administration de la Ligue dont il est également membre, alors que l’instance est en litige judiciaire avec DAZN, son principal diffuseur TV.
Mardi après-midi, Pablo Longoria a rencontré la ministre des Sports, Marie Barsacq. Selon nos informations, cette dernière a profité de ce rendez-vous pour avertir Pablo Longoria qu’un tel comportement était à proscrire. Elle a lui aussi rappelé le devoir d’exemplarité, notamment auprès des supporters et des jeunes qui suivent le football que lui impose son statut, vis-à-vis d’un corps arbitral déjà sujet à un harcèlement certain.
Le Parisien