«Cela éveille quelque chose en eux» : quand Orange sensibilise les écoles de rugby aux dangers du numérique
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Depuis plusieurs années, l’opérateur français met en place différentes actions pour alerter les plus jeunes sur les dérives liées à internet. En marge du Safer Internet day, c’est dans une école de rugby que s’est tenu un nouvel atelier de sensibilisation. Le Figaro y était.
Maillots accrochés au mur, crampons vibrant sur le sol et convivialité au rendez-vous, bienvenue au Club-House de l’ACBB Rugby, à Boulogne. Derrière le comptoir, Fanny Maret, dirigeante depuis plusieurs années au sein de la formation, accueille avec le sourire. Mais curieusement, ce n’est pas pour le côté sportif que nous avons été conviés dans l’ouest de la capitale.
Mercredi 12 février dernier, jour sacré d’entraînement pour les écoles de rugby, Orange est venu sensibiliser une quarantaine de jeunes du club sur les potentiels dangers du numérique. «Cela fait quelques années que j’encadre et je vois toutes les dérives sur les réseaux sociaux», explique Fanny, avant d’ajouter : «Ça va du chambrage au harcèlement. Les enfants ont un portable de plus en plus tôt, sont souvent connectés et ne se rendent pas toujours compte de la portée de leurs actes sur internet. J’estime que dans notre rôle éducatif, c’est important de prévenir les dérives et les excès.»
Orange est un opérateur engagé, on se sent responsable. . Ces jeunes ont besoin de connaître autre chose que l’avis de leurs parents, qui oublient certaines fois de repréciser les dangers
Aurélie Urtado, attachée de presse
Orange se sert de l’atelier du jour, appelé «Les magiciens du numérique», pour faire la promotion du «Safer Internet Day», journée annuelle de sensibilisation aux usages d’internet, qui a eu lieu un jour avant, le 11 février. Pour l’occasion, une belle délégation de la direction du groupe Île-de-France a fait le déplacement. Aurélie Urtado, attachée de presse, Séverine Guillemet, responsable RSE, et plusieurs salariés volontaires, appelés «ambassadeurs», chargés d’animer l’après-midi. Objectif : prévention et sensibilisation, en accompagnant les plus jeunes dès leurs premiers contacts avec un écran. Téléphone, cyberharcèlement, réseaux sociaux, notion d’algorithmes, rien n’est laissé de côté.
L’action, pratiquée depuis quelques années, cible ici la catégorie M12 de l’école de rugby, comprenez les enfants de 10 à 12 ans. «On est là pour leur expliquer quels sont les dangers, on leur fait des petites recommandations et on parle aussi de cyberharcèlement, que ce soit sur le téléphone ou sur les jeux vidéo. Orange est un opérateur engagé, on se sent responsable. Ces jeunes ont besoin de connaître autre chose que l’avis de leurs parents, qui oublient certaines fois de repréciser les dangers», assure Aurélie Urtado.
Avant de commencer l’exercice, Séverine prend d’abord la parole dans la bonne humeur, devant les petits rugbymen, quelque peu dissipés mais très vite concernés : «Je vais les chercher tout de suite, je leur parle de sujets qu’ils aiment, de jeux vidéo. C’est très ludique, en général, les enfants n’hésitent pas à s’exprimer.»
Effectivement, la plupart des jeunes se prêtent au jeu et donnent leur ressenti sur les différents sujets abordés. Et il y a de quoi être surpris. Quand la responsable pose la question suivante : «Qui a déjà joué à GTA (Grand Theft Auto) ?», ce sont cinq mains qui se lèvent. Pour rappel, le jeu vidéo renommé est déconseillé aux enfants de moins de 18 ans. On parle ici d’enfants de 10 ans...
«C’est dingue», nous souffle Aurélie, quelque peu ébahie par la situation. D’autant plus que les enfants semblent tout à fait conscients des dangers : «Il y a du sang et des images violentes, des choses sexuelles aussi», affirment deux d’entre eux.
L’atelier prend donc la forme d’un escape game (jeu d’énigmes à plusieurs), réunissant par équipes plusieurs enfants et un adulte. Trois missions et un jeu interactif qui dure une petite heure. Durant l’exercice, les animateurs glissent des alertes. On sensibilise au son trop fort des écouteurs, on apprend à réagir en cas de cyberharcèlement, on donne aussi des astuces : «L’idéal, c’est de faire 5 à 10 minutes de pause loin du téléphone toutes les heures.» Les enfants se prêtent au jeu, discutent et semblent progresser tout en étant divertis.
Le résultat est probant, assure Stéphane, ambassadeur : «On a toujours de bons retours de la part des éducateurs. Les jeunes sont conscients par rapport au chambrage et aux moqueries». «Ce que j’ai dit aujourd’hui, ce sont peut-être des choses qu’ils ont déjà entendues. Je n’ai pas le rôle de parents, je suis neutre, forcément les enfants écoutent un peu plus», explique Séverine, qui ajoute : «À la fin de chaque atelier, on laisse un diplôme, avec tous les bons conseils qu’on a pu prodiguer. On souhaite qu’ils le lisent une fois tout seul et une fois avec leurs parents. On évoque également le 3018, numéro de signalement destiné aux jeunes victimes de harcèlement, qui reçoit entre 500 et 700 appels par jour. Avoir un numéro identifié par les parents et par les enfants, c’est parfait.»
Après un atelier enrichissant, les jeunes repartent dans la joie et la bonne humeur vers l’entraînement, leurs diplômes en poche. «Ils sont déjà alertes, certains connaissent même les dangers liés aux algorithmes des réseaux sociaux, cela éveille quelque chose en eux, c’est vraiment un exercice intéressant», glisse Mathieu, stagiaire chez Orange.
L’entreprise multiplie d’ailleurs les interventions sur la zone Île-de-France. «L’agenda est complet, c’est incroyable». Une belle réussite qui conduira forcément d’autres associations sportives à se tourner vers ce genre d’actions, aujourd’hui nécessaires pour la nouvelle génération. Et pour preuve, «La Ligue nationale de rugby a de plus en plus de demandes», nous confirme Fanny...
lefigaro